

Des enfants près d'un égout à ciel ouvert
au Bangladesh
Crédit photo : WaterAid / Abir Abdullah
L'assainissement vient d'être voté plus grande avancée médicale des 150 dernières années dans une enquête réalisée par le British Medical Journal, une revue médicale britannique.
L'assainissement a été jugé plus important que les antibiotiques et l'anesthésie, mettant ainsi l'accent sur la primauté de l'assainissement dans les questions de santé, et renforçant de ce fait les arguments en faveur d'une prise en compte prioritaire de l'assainissement dans l'aide publique au développement.
Dans les pays en développement, 1,8 million d'enfants meurent chaque année de diarrhée. Rien qu'aujourd'hui 5 000 enfants vont mourir. L'eau non potable et le manque d'assainissement sont la deuxième cause de mortalité des enfants et 2,6 milliards de personnes à travers le monde n'ont pas de systèmes d'assainissement de base.
Hilary Benn, Secrétaire d'État au développement international, s'est engagé au nom du Royaume-Uni à lutter contre les maladies d'origine hydrique pourtant l'eau et l'assainissement brillent par leur absence à l'ordre du jour de la réunion du G8 2007.
Lorsque les Nations unies ont inclus l'eau et l'assainissement dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), tous les gouvernements se sont engagés à diminuer de moitié, d'ici 2015, le nombre de personnes privées de leur droit à l'eau potable et à l'assainissement de base.
Si l'on s'en tient au niveau de financement actuel, l'insuffisance des dotations concernant l'assainissement signifie que l'OMD relatif à l'assainissement ne sera pas atteint avant 2105 - c'est-à-dire avec 90 ans de retard, et au prix de 133 millions de vies, soit l'équivalent de la population combinée du Royaume-Uni et de la France.
Il est clair que la résolution de cette crise doit être une priorité du G8 et des acteurs du développement au sens large, y compris au niveau des leaders politiques comme Gordon Brown. Pourtant le silence persiste. L'eau et l'assainissement continuent de figurer en bas de liste des priorités politiques parce que, comme l'explique Larry Elliott, rédacteur en chef économique du quotidien britannique le Guardian dans un article intitulé « Time to wake up and smell the Great Stench » [Il est temps de se réveiller et de sentir la Grande Puanteur] : « il s'agit d'une crise qui touche les pauvres en général et les femmes en particulier, deux composantes de la société disposant d'un pouvoir de négociation limité ».
Gordon Brown, chancelier de l'Échiquier (ministre britannique des Finances), s'est engagé à investir 15 milliards de livres sterling [environ 21 milliards d'euros] pour l'éducation, contre une maigre contribution de 100 millions de livres [146 millions d'euros] consacrés actuellement à l'eau et à l'assainissement. Cette somme sera gaspillée si elle ne s'accompagne pas d'investissements adéquats dans des projets hydrauliques et d'assainissement. 443 millions de journées d'école sont perdues chaque année parce les enfants souffrent de maladies liées à l'eau.