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Eradiquer le Manque D'eau
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5 000 enfants meurent chaque jour parce qu'ils ont consommé de l'eau non potable.

Le G8 laisse 2,5 milliards de personnes sans endroit pour aller aux toilettes

8 juillet

On estime que le décès de 2,4 millions d’enfants peut être imputé à un assainissement inadéquat
On estime que le décès de 2,4 millions
d’enfants peut être imputé à un assainissement
inadéquat.
Crédit photo: WaterAid

Alors que les leaders du G8 retardent le moment d’agir, un nouveau rapport avance que 2,4 millions d’enfants pourraient mourir cette année faute de systèmes d’assainissement adéquats.

Tout espoir de faire une avancée décisive dans la crise mondiale de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable a été réduit à néant aujourd’hui avec un communiqué du G8 essentiellement vide de mesures concrètes pour venir en aide aux 2,6 milliards de personnes privées de sanitaires décents et aux 884 millions qui n’ont pas accès à l’eau potable.

Au lieu de se mettre d’accord sur la mise en œuvre d’un plan d’action international pour s’attaquer à ce fléau qui, selon un récent rapport de WaterAid, est la première cause de mortalité infantile devant tous les autres facteurs, les leaders du G8 se sont contentés de reporter à 2009 l’évaluation des progrès enregistrés jusque là et de décider de la mise en place du Plan d’action pour l’eau concocté lors du G8 2003, un plan pourtant discrédité.

Les propositions incluses dans les premiers communiqués – qui prévoyaient une réunion annuelle d’évaluation pour piloter la progression du secteur – ont été retirées, et le G8 n’a pris aucun engagement spécifique concernant le financement.

La possibilité d’une avancée majeure avait été envisagée avec la promesse du Japon de faire de l’assainissement et de l’eau potable un dossier prioritaire du G8 pour la première fois en 5 ans, dans le cadre de l’Année internationale de l’assainissement. Malgré cela, on a assisté la semaine dernière à une dilution du texte de départ, dont les ambitions ont été réduites avec des conséquences des plus mortelles.

« Tel Néron qui s’occupait à des futilités pendant que Rome brûlait, les leaders du G8 ont demandé aux 40 % de la population mondiale qui n’en peut plus d’attendre pour avoir des toilettes de patienter encore un an ; d’ici là, jusqu’à 2,4 millions d’enfants pourraient avoir succombé à des maladies dues au manque d’assainissement », déplore Steve Cockburn, en charge de la coordination internationale de la campagne Éradiquer le manque d’eau.
« Il a fallu attendre cinq ans pour que l’on discute d’une crise qui tue plus d’enfants que n’importe quel autre facteur, et qui oblige 2,6 milliards de personnes à attendre encore plus longtemps pour avoir des toilettes décentes, ça laisse une mauvaise odeur de complaisance. »

« Le G8 est un parfait exemple du ‘pourquoi faire aujourd’hui ce que je peux remettre à demain’ alors que pour des milliers d’enfants, demain sera trop tard. »

Un point positif, tout de même, tient au fait que l’assainissement et l’eau potable ont été inclus dans le communiqué – première mention significative depuis cinq ans – ce qui laisse un peu d’espoir que le secteur cesse d’être négligé. Ce point de départ pourrait être utile à condition d’être étoffé de mesures ambitieuses elles-mêmes assorties de mécanismes adéquats pour leur mise en œuvre. On devrait notamment prévoir l’élaboration et le financement d’un plan d’action international pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs à l’assainissement et à l’eau potable, et en faire une priorité lors de la réunion de haut niveau des Nations unies sur la réalisation des OMD en septembre.

Pour Laura Webster, principal conseiller pour les relations avec le gouvernement de l’ONG Tearfund: « Si l’on peut retirer un point positif de ce sommet, c’est que la crise de l’assainissement est enfin révélée au grand jour, ce secteur étant reconnu par la communauté internationale comme facteur essentiel au développement. Mais ceci n’est que le début, les prémisses d’un effort exceptionnel pour permettre à tous les habitants de la planète de vivre, et de vivre dans la dignité. » 

« Les populations les plus pauvres du monde ne peuvent pas attendre éternellement et si les leaders politiques entendent faire preuve de sérieux ils devront traiter cette question en priorité en septembre quand ils se réuniront à l’ONU pour tenter de sauver les OMD. » 

Au rythme actuel, l’Afrique sub-saharienne atteindra l’OMD qui prévoit de réduire de moitié le nombre de personnes privées d’accès à l’assainissement en 2076, soit 61 ans après la date fixée.

Informations destinées aux médias:

  • Le collectif Éradiquer le manque d’eau regroupe plus de 100 ONG dans 35 pays autour d’une campagne internationale à laquelle 1 million de personnes ont apporté leur soutien depuis son lancement en mars 2007.
  • Selon le rapport « Lutter contre le tueur silencieux: Plaidoyer pour l’assainissement » publié par WaterAid, disponible à  http://www.wateraid.org/report (en anglais), le manque d’assainissement serait responsable de la mort de 2,4 millions d’enfants chaque année, à cause des maladies diarrhéiques, des pneumonies et de la malnutrition. 
  • À travers le monde, 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à des systèmes adéquats d’assainissement, et 884 millions n’ont pas accès à l’eau potable.
  • Selon le PNUD, chaque dollar investi dans l’assainissement se traduit par 9 dollars de bénéfices économiques.
  • La crise de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable sape toutes les actions menées en faveur du développement et retarde les progrès relatifs à la  santé infantile et maternelle, à l’égalité hommes/femmes et à l’éducation universelle.
  • Chaque année, au moins 5 % du PIB de l’Afrique et plus de 443 millions de journées d’école sont perdus à cause des maladies liées à l’eau et à l’assainissement.